Ce jeudi 31 mars en Plénière, j’ai posé cette question à Sammy Mahdi (Asile, Migration et Loterie Nationale) sur
Marie–Colline Leroy (Ecolo–Groen):
Madame la présidente, monsieur le secrétaire d’État, nous avons vécu aujourd’hui un moment très important. Le président de l’Ukraine, M. Zelensky, nous a fait l’honneur de venir
s’adresser à nous et de nous rappeler des choses fondamentales, nos valeurs fondamentales: la paix, la protection de la démocratie, ainsi que l’accueil.
Il nous a remerciés, d’ailleurs. Il nous a remerciés d’accueillir avec autant de solidarité les 30 000 réfugiés ukrainiens qui sont arrivés depuis le début du conflit. Il nous a remerciés, mais il a surtout remercié l’ensemble des citoyens et des citoyennes qui se sont mobilisés. J’en profite ici pour les remercier également et pour dire que, pas plus tard qu’hier matin, raison pour laquelle je voudrais m’adresser à vous aujourd’hui, j’étais à la Conférence des bourgmestres, des élus de ma région, la Wallonie picarde, et j’écoutais le retour
des bourgmestres et des présidents de CPAS, qui se mobilisent sans relâche, avec énormément d’énergie, pour essayer d’organiser cet accueil, de l’organiser avec sérénité, avec bienveillance, et de permettre à chaque réfugié d’avoir un temps de repos, un temps de répit.
Tous disaient la même chose – j’ai pu comparer mes informations avec celles de mes collègues –, à savoir que c’est compliqué. C’est compliqué parce que nous manquons de fluidité, de communication avec le niveau fédéral. Nous avons besoin, malgré l’énergie des services qui travaillent avec vous, de davantage de fluidité et de communication avec Fedasil. Nous avons besoin que les pouvoirs locaux soient directement impliqués dans une task force qui pourra ramener les réalités du terrain.
Nous avons besoin de davantage de communication et d’organisation au travers de la Conférence interministérielle, par exemple. Dès lors, monsieur le secrétaire d’État, avez–vous
l’intention d’intégrer ces pouvoirs locaux dans la dynamique que vous mettez en place depuis le début de ce conflit?
Sammy Mahdi, secrétaire d’État:
Madame la présidente, madame Leroy, dans cette lasagne institutionnelle, nous discutons avec tout le monde depuis bien longtemps. Avant même cette protection automatique temporaire, la Conférence interministérielle s’était réunie pour discuter avec les Régions. Nous savons tous qu’il y a une répartition compliquée des compétences.
L’enregistrement se fait au niveau fédéral, de même que l’accueil. Nous disposons de places d’hébergement d’urgence qui vont jusqu’à 5 000 et que nous avons l’ambition de créer. Par ailleurs, il y a l’hébergement structurel. Le logement est une compétence des Régions et on essaie d’impliquer les communes le plus possible.
Madame Leroy, vous êtes de Wallonie picarde. Je m’y suis rendu récemment. Je trouve important d’aller dans les régions et de discuter avec tout le monde. Nous travaillons au niveau fédéral et des Régions mais je n’ai pas envie nous nous regardions l’un l’autre. Nous devons être ensemble autour de la table pour que notre compétence entière. Nous avons donc créé la FAQ. Une lettre à l’attention des gouverneurs a été transmise à toutes les communes. Un site web a été créé ainsi qu’un numéro de téléphone pour toute demande d’information. Un webinar a été organisé avec toutes les communes tant du côté francophone que du côté néerlandophone. Les ministres fédéraux et régionaux y étaient présents.
Des réunions se tiennent chaque semaine avec le premier ministre, ma collègue Annelies Verlinden, les ministres–présidents des Régions et moi–même.
Je le répète, la lasagne institutionnelle dans laquelle nous sommes ne facilite parfois pas les choses dans une ligne directe et les communes ne peuvent pas être impactées. Ces dernières remplissent une tâche importante et pas toujours évidente. Il faut essayer de les écouter le plus possible. Je ferai donc tout ce qui est nécessaire pour ce faire. Je retournerai en Wallonie picarde ou dans n’importe quelle région pour discuter et voir comment intégrer de la meilleure façon les questions et les frustrations. Entre–temps, je tiens, moi aussi, à les remercier pour le travail exemplaire qu’elles accomplissent.
Marie–Colline Leroy (Ecolo–Groen):
Monsieur le secrétaire d’État, je vous remercie. Vous êtes toujours le bienvenu en Wallonie picarde. Je vous remercie parce que je pense qu’il y a beaucoup de bonne volonté. C’est le cas des pouvoirs locaux aussi. Ils ont toujours beaucoup de bonne volonté, mais énormément d’informations à traiter. Cela va très vite. Il y a une urgence: 30 000 personnes, c’est compliqué. J’entends que vous voulez que tout le monde puisse se mettre autour d’une table. Je ne peux que vous encourager à fluidifier davantage les relations et les contacts, notamment lorsqu’il s’agit d’accueillir sur son espace territorial des réfugiés qui sont directement envoyés par Fedasil. Faire en sorte qu’un contact direct et automatique soit pris
avec les communes serait une bonne chose Il faudrait travailler avec votre collègue, la ministre Lalieux, sur les aides à apporter via les CPAS, pour permettre que tout le monde s’y retrouve. En effet, c’est la volonté de chacune de ces personnes qui tous les jours tentent d’accueillir dignement l’ensemble des réfugiés. C’est bien pour nous, c’est bien pour la suite et pour l’avenir de l’ensemble des réfugiés qui viendront dans notre pays.